vendredi
19
fév ' 10

vendredi 19 février 2010

Thus Owls // Live

Par Nathanaël , dans la rubrique: Back on Stages (Blogothèque)

On pourrait passer par les figures imposées de l’exercice : pour décrire Thus:Owls, rappeler le pedigree de sa chanteuse, passée par tout ce que la Suède compte de combos pop innovants et chez les délicieux Loney, Dear ; ou égrener le CV de ses musiciens, qui officient chez Koop ou Patrick Watson. On pourrait louer cette façon de faire une musique qui s’échappe des cases et ignore les étiquettes, qui fait bouillir ses racines jazz dans un chaudron pop jusqu’à ce que les vapeurs envahissent la pièce. On pourrait admettre avec vous qu’on adore cette façon de tout vouloir et son contraire : sculpter des structures rythmiques alambiquées, qui s’éloignent des évidences en minaudant pour mieux y revenir, le tout sans jamais laisser au vestiaire un certain sens de l’élégie, des mélopées qui inspirent et envolent plus qu’elles ne plombent.

On pourrait également vous rappeler que Thus:Owls a déjà fréquenté la Blogothèque : Nat les avait ramené d’une escapade canadienne, puis on les avait programmé au Scopitone, lorsque nous y assurions encore quelques résidences.

Ce qu’on voudrait surtout vous raconter, en fait, c’est ce moment là. Ce soir là, devant un public clairsemé mais béat d’admiration, les Thus:Owls avait chanté "Eagles Coming In", une chanson d’altitude qui ne trahit pas son titre. Il y a, sur ce titre là encore plus que sur les autres, tellement d’air et d’espace dans le chant d’Erika Alexandersson que si vous fermez les yeux, vous pourriez presque y croire : être là-haut, loin, où l’air est pur et clair et où les sentiments ne sont plus que lumière.

Besoin d’une preuve supplémentaire du talent très particulier de cette petite bande ? La voilà en image, puisqu’on était armé d’une caméra ce jour là.

aucun commentaire
71 lectures - Tags :

dimanche
14
fév ' 10

dimanche 14 février 2010

Take Away Show - Emily Jane White

Par Nathanaël , dans la rubrique: Concerts à Emporter (Blogothèque)

"Les livres absorbent les sons" a dit le libraire. C’était donc, finalement, une bonne idée de faire jouer Emily Jane White au milieu des livres. Il aurait peut-être été préférable de choisir le magasin sombre et confiné d’un bouquiniste et l’odeur caractéristique des vieux papiers, mais il fallait aussi que la voix d’Emily porte, que ce soit feutré sans être étouffant, lumineux sans être éblouissant, qu’on retrouve la modernité de sa musique dans une librairie flambant neuf.

Emily était entourée de recueils érotiques, d’écrits philosophiques, de récits historiques, d’une littérature plus grand public également. Cela lui seyait bien. Jen Grady (au violoncelle), Carey Lamprecht (au violon) et elle venaient d’achever une tournée européenne, elles allaient rentrer en Californie quelques jours plus tard, elles étaient détendues, relaxées, un peu fatiguées mais satisfaites. Elles ont joué des morceaux des deux albums Dark Undercoat et Victorian America et quelques inédits, vraiment inédits car pas enregistrés encore, des chansons pleines de promesses, déjà renversantes en trio.

Les gens avaient patienté longtemps à l’extérieur, dans le froid de décembre, ils avaient besoin d’un peu de chaleur, d’une sorte de réconfort. Ils ont été comblés je crois, les visages ne trompaient pas : de l’attention, de l’écoute et beaucoup d’émotion.

Emily avait joué, sa voix avait charmé, c’était un moment presque léger, aérien. Nat a su en capturer l’essence…

aucun commentaire
144 lectures - Tags :